Lèche Moi - 私を舐める

 

Lèche Moi
A pair of post punk electro rock tongues. A beat box and a banjo. A long tall blond girl with a strong velvety voice and a bald guy with a deep voice. The light at the end of the tunnel. There's darkness in the sky but there's joy in sex. Music gives you fever. Lick me, kiss me back. And on Sundays, a pretty little knife hides in your sleeve.

Lèche moi

Paire de langues aux tendances rock électro post-punk. Boite à rythmes et banjo, grande blonde à la voix veloutée et puissante, dégarni à la voix grave. Romantisme, rage et spleen. Lumière tout au bout du tunnel. Le ciel est lourd mais le sexe joyeux. Musique fiévreuse , lick me, kiss me black. Et pour les dimanches un joli couteau caché dans la manche.

Exclusivité vidéo : Lèche Moi embrasse mieux dans le noir, Kiss Me Black

Le EP le plus excitant du mois est signé Lèche Moi et sort ces jours-ci en téléchargement numérique chez Atypeek Music/Pied de Biche. Le premier clip extrait du EP s’intitule Kiss Me Black, après l’inaugurale et trash reprise du Jenifer des Birthday Party, donne le ton d’une sélection de titres aussi variée que détonante et follement excitante (au sens sexuel du terme). Lèche Moi, c’est un groupe à deux têtes (langues, comme ils disent) composé d’une chanteuse, blonde mais on se moque un peu de sa couleur de cheveux, et d’un programmeur musicien, chauve, mais on se fout de son absence de cheveux. Les deux forment un duo qu’on qualifiera par manque d’imagination de post-punk, électro country échevelé, romantique et outrageusement sexuel. La musique de Lèche-moi est par essence scandaleuse, crade comme un bon vieux Alan Vega, avec des relents de proto-punk, d’électro-clash, de trip-hop mais aussi de country western et de folk azimuté. En clair, on y trouve un peu tout ce qu’on peut croiser dans une arrière-salle d’un club ou d’un sex-shop, d’un bar ou d’un bon routier du côté de Memphis, à savoir la chaleur moite d’un rock américain trépassé mais aussi l’ardeur sophistiquée d’une scène électro clandestine. Avec Kiss Me Black, moins atypique que les 18 autres minutes du EP, on tient ce qui pourrait ressembler au meilleur titre de Tricky depuis quelques temps, un Tricky plus Pre-Millenium Tension que Maxinquaye où le romantisme tourne au vénéneux et le sexe a un arrière-goût de dissolution. Les rythmes martelés évoquent évidemment Suicide tandis que le clip signé Jean Raveyre est tout bonnement saisissant. Si la référence n’était pas si tarte à la crème, on dirait que le résultat est lynchien mais plus sûrement qu’il renvoie doublement au beau Under the Skin de Jonathan Glazer, là où une Scarlett extraterrestre avalait ses amants dans une similaire boue noire, et aux disparitions du Kaïro de Kyoshi Kurosawa. D’où qu’on se place, c’est très bien, très inquiétant et cela vient de nulle part, l’endroit où l’on rentre, où l’on sort, où l’on jouit et se perd quand on n’a plus rien à quoi se raccrocher. La musique de Lèche-moi est une musique de l’abandon et une musique pour les âmes abandonnées. On y trouve un réconfort souvent aussi confortable et rassurant qu’une partie de jambes en l’air avec la jeune PJ Harvey dont on croit retrouver parfois ici la rudesse et l’attrait sensuel. Autant dire, sans en faire trop (déjà?), qu’on est plus que convaincus par cette affaire là.

par Benjamin Berton - Sun Burns Out

Sortie 13

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Sortie 13 (itunes)

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